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Aération des logements : pourquoi l’air intérieur est souvent plus pollué que l’air extérieur ?

  • Photo du rédacteur: Yoan ENDRES
    Yoan ENDRES
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

En plein hiver, la scène est familière. Dehors, le froid s’installe durablement. À l’intérieur, le chauffage fonctionne à plein régime. Pour préserver la chaleur et limiter les coûts énergétiques, les fenêtres restent fermées, parfois pendant plusieurs jours. Tout semble maîtrisé, tout paraît sous contrôle.


Et pourtant, sans bruit, sans odeur et sans signe immédiat, l’air intérieur commence à se dégrader. Car un logement n’est pas seulement une enveloppe thermique performante. C’est un environnement vivant, qui évolue en permanence au rythme de ses occupants.


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Contrairement à une idée largement répandue, l’air que nous respirons à l’intérieur est plus pollué que celui de l’extérieur. Cette dégradation se fait progressivement et résulte d’une accumulation de gestes du quotidien qui paraissent anodins. Le simple fait de vivre dans un logement suffit à charger l’air : la respiration augmente le CO₂, la cuisine et les douches produisent de l’humidité, le linge qui sèche à l’intérieur accentue encore ce phénomène, tandis que certains produits ménagers, parfums d’ambiance ou bougies peuvent libérer des substances chimiques. À cela s’ajoutent les émissions invisibles provenant de certains matériaux, peintures, colles, revêtements ou meubles. Jour après jour, l’air intérieur se charge ainsi en dioxyde de carbone, en humidité excessive et en composés volatils qui finissent par altérer la sensation de confort.


Dans les bâtiments modernes, cette pollution s’évacue plus difficilement. Les rénovations énergétiques ont profondément transformé nos habitations. En renforçant l’isolation des façades et des toitures et en remplaçant les anciennes fenêtres par du double ou du triple vitrage, les logements sont devenus beaucoup plus étanches à l’air. D’un point de vue énergétique, cette évolution est incontestablement positive. Elle réduit les pertes de chaleur, améliore le confort thermique et diminue souvent de manière significative les coûts de chauffage.


Cependant, cette étanchéité accrue a une contrepartie souvent sous-estimée : l’air ne se renouvelle plus naturellement. L’humidité produite au quotidien reste piégée à l’intérieur, ce qui favorise une atmosphère plus lourde, de la condensation sur les parois froides et, à terme, l’apparition de moisissures ou de dégradations du bâti. Ce phénomène ne concerne pas uniquement l’esthétique ou le confort. Il touche directement la durabilité du bâtiment et la perception de sa qualité.


Parallèlement, la baisse du renouvellement d’air a un impact direct sur la concentration de certains polluants, et notamment du radon. En Suisse, cet enjeu mérite une attention particulière. Le radon est un gaz radioactif naturel, invisible et inodore, issu du sous-sol. Il pénètre dans les bâtiments en permanence, notamment par les fissures, les passages de conduites, les dalles en contact avec le terrain ou encore les caves et sous-sols insuffisamment ventilés. Lorsque le logement est peu ventilé, ce gaz n’est plus correctement dilué par l’air extérieur. Il remonte depuis le sol, s’accumule progressivement et peut atteindre des niveaux préoccupants pour la santé des occupants.


Lorsque le radon dépasse 300 Bq/m³, agir devient une responsabilité. Une intervention adaptée permet de protéger la santé des habitants, de préserver le bâtiment et de sécuriser la valeur du bien sur le long terme. Il est important de comprendre que le radon s’accumule là où l’air circule mal. À l’inverse, une ventilation régulière réduit souvent déjà sensiblement les concentrations mesurées. Dans certaines situations, des mesures complémentaires peuvent être nécessaires, comme une ventilation mécanique, une amélioration de l’étanchéité au niveau des sols ou des adaptations techniques ciblées, mais la gestion de l’air reste la première ligne de défense.


C’est ici qu’un paradoxe surprend souvent : dans la majorité des situations, l’air extérieur, même imparfait, est plus sain que l’air confiné d’un logement insuffisamment ventilé. L’air extérieur bénéficie d’un avantage fondamental, il est constamment renouvelé. Lorsqu’il entre brièvement dans le logement, il agit comme un régulateur naturel, capable de diluer le CO₂, d’évacuer l’humidité excessive et d’assainir l’atmosphère en quelques minutes.


Aérer en hiver n’est donc pas une question de durée, mais de méthode. Ouvrir les fenêtres en grand pendant quelques minutes, idéalement en créant un courant d’air, permet de renouveler l’air rapidement sans refroidir durablement le bâtiment. Les murs conservent la chaleur accumulée, tandis que l’air vicié est remplacé efficacement. Cet équilibre est l’un des gestes les plus simples et les plus intelligents pour préserver à la fois la santé, le confort et la performance énergétique d’un logement.


Dans la pratique, cette recommandation est bien connue, mais elle est souvent négligée. Entre le manque de temps, la recherche de confort, la crainte des pertes de chaleur ou simplement la force des habitudes, l’aération quotidienne passe fréquemment au second plan. L’air vicié stagne alors à l’intérieur, se concentre et devient plus lourd, sans que cela soit visible. Invisible, mais bien réel, ce phénomène pose une question centrale : celle de la ventilation du logement. Dans certains cas, la mise en place d’un système plus efficace d’extraction de l’air vicié et de renouvellement contrôlé de l’air intérieur devient non seulement pertinente, mais essentielle, autant pour le bien-être des occupants que pour la pérennité du bâtiment.


Lorsque l’aération est insuffisante, les conséquences finissent par se voir. Condensation sur les vitres, odeurs persistantes, taches sombres dans les angles, moisissures sur les murs. Au-delà des risques pour la santé, ces désordres ont aussi un impact direct sur le patrimoine immobilier. Ils dégradent les finitions, inquiètent les visiteurs et affaiblissent la perception de qualité d’un bien lors d’une vente ou d’une mise en location. Un logement mal ventilé se dévalorise parfois bien plus rapidement qu’on ne l’imagine.


Aujourd’hui, la qualité de l’air intérieur n’est plus un simple détail. Elle fait partie intégrante du confort, de la santé, de la durabilité du bâtiment et, par conséquent, de la valeur du bien immobilier. Même en hiver, aérer reste indispensable, non seulement parce que l’air extérieur est souvent plus sain que l’air confiné, mais aussi parce qu’une ventilation maîtrisée protège le bâtiment, améliore le bien-être et renforce l’attractivité du logement sur le long terme.


Transmettre ces bonnes pratiques, c’est aussi faire preuve d’un conseil immobilier moderne, responsable et orienté vers la pérennité du patrimoine.


« Cet avis reflète uniquement mon point de vue personnel et n’a pas de valeur contractuelle. Les informations partagées ici sont données à titre indicatif et peuvent évoluer. »

 

 

 

 
 
 

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